le maire

Souvenir des victimes et des héros de la déportation

Discours prononcé le 23 avril 2022

Madame la Sénatrice,
Monsieur le Député,
Mesdames, Messieurs les portes-drapeaux,
Mesdames, Messieurs les élus,
Mesdames, Messieurs,

Alors que la guerre fait rage aux portes de l’Europe, plaçant plus de 2 millions de réfugiés sur les routes,
alors qu’à nouveau, les extrêmes de tout bord font de hauts scores dans les sondages comme dans les urnes
et alors que notre société se fragmente de toute part, c’est d’une guerre d’un autre siècle dont nous nous souvenons aujourd’hui. D’un autre siècle oui, et pourtant, ô combien de similitudes pouvons-nous constater avec l’époque que nous vivons...
Nous nous souvenons aujourd’hui d’un conflit né de fractures entre les peuples européens, de l’ascension du populisme et de la folie de certains hommes. Folie que nombreux de nos aïeux ont refusé de voir avant qu’il ne soit trop tard.

Car au-delà de la conquête de l’Europe, c’est toute une partie de la population que l’idéologie nazie a voulu rayer de la carte. Stigmatisation, humiliation et division, telles étaient les méthodes qui ont conduit à la barbarie la plus sauvage, innomable, inimaginable.

Ils étaient juifs, tziganes, homosexuels, opposants politiques, handicapés. Victimes et héros de la déportation, ils ont d’abord été identifiés puis arrêtés, raflés, dépouillés de tous leurs biens avant d’être finalement entassés dans des wagons comme du bétail, envoyés à une mort certaine.
Exposés à la faim, au froid et aux maladies : les nazis ont voulu leur prendre jusqu’à leur dignité, jusqu’à leur humanité.

Ils ont été réduits à de simples numéros tatoués sur leurs bras. Ce numéro, les survivants le garderont toute leur vie ancré dans leur peau. Il sera à chaque coup d’oeil, à chaque regard, un rappel douloureux de l’enfer qu’ils ont vécu. Une cicatrice à jamais ouverte et un souvenir lancinant des proches disparus.

Nous le savons, entre 5 et 6 millions de personnes ont été méthodiquement assassinées dans les camps de la mort.

A l’échelle de la France, entre mars 1942 et août 1944, 75 721 Juifs ont été déportés du territoire ; 74 convois ont rejoint les camps de concentration ou d’extermination : Dachau, Buchenwald, Auschwitz-Birkenau, … Seuls 2 566 personnes en reviendront.

Nous avons tous en tête ces images de la libération des camps par les soldats américains et soviétiques. Nous avons tous en tête les corps amaigris et décharnés ; les visages creusés, les corps entassés. Un charnier à ciel ouvert où la mort et la maladie se cotoyaient.
Comment imaginer qu’une telle horreur ait pu se produire ?

Alors aujourd’hui, tandis que les derniers survivants s’éteignent, il nous reste leurs précieux témoignages sur leurs vies dans les camps, leur quotidien pendant quelques semaines, quelques mois voire quelques années.
Les coups étaient monnaie courante pour les prisonniers. Malka Zaken raconte : « On nous battait tout le temps, on était nues et on nous battait… Je n’oublie rien, jamais, je n’oublie pas combien j’ai souffert, des coups et encore des coups reçus. »

Les coups mais aussi la faim qui tenaille le ventre comme le raconte Saul Oren : "On ne peut pas s'imaginer combien c'est dur la faim à Auschwitz. Ils nous donnaient par exemple une soupe. Une soupe, c'était de l'eau avec quelques petits bouts de pomme de terre qui flottaient. Et c'était la soupe pour toute une journée. Ou bien ils nous donnaient une petite pomme de terre ou encore un tout petit bout de pain. On n'osait pas manger le pain entièrement parce qu'on voulait en garder pour après".

Après justement. Comment vivre après avoir connu les camps ? Comment raconter l’enfer lorsque les camps sont gravés dans votre chair et que le souvenir de la séparation est ancré dans la mémoire ? Si certains ont gardé le silence, nombreux sont celles et ceux qui ont témoigné.

C’est toujours avec beaucoup d’émotions que nous entendons et que nous partageons ces récits. Nous nous souvenons de ces heures sombres de notre histoire qui ont tant marqué nos parents, nos grands-parents, et je m’adresse ici aux représentants du CME : ces heures qui ont certainement marquées vos arrières grands-parents.

Vous qui êtes si jeunes, je compte sur vous pour ne pas oublier que la folie d’un homme un seul, peut entraîner tout un pays, tout un continent, dans la guerre la plus infame.

Et à la veille d’un scrutin présidentiel, permettez-moi de rappeler les fondements de notre pays, nos valeurs, ce pour quoi nous nous battons chaque jour en tant qu’élu mais surtout, en tant que citoyen.

La France est une nation une et indivisible, où la liberté, l’égalité et la fraternité sont érigés en devise, où les droits de l’homme ont une valeur constitutionnelle, où le principe de laïcité préserve le droit de chacun de croire ou de ne pas croire.

Hier comme aujourd’hui, ne cédons pas à tout ce qui pourrait diviser notre société car l’époque appelle à l’unité et à la solidarité.

Je veux croire, Mes chers amis, que l’humanité que nous portons chacun en nous et la mémoire qui nous est transmise par nos anciens, et que nous veillons à transmettre à notre tour aux générations futures, sont les meilleures barrières à ceux qui voudraient remettre en cause les trois mots qui ornent nos équipements publics.

Baissons humblement les yeux à la mémoire des victimes de la barbarie nazie et de tous les actes de racisme ou d’antisémitisme, mais levons au contraire fièrement la tête pour lutter chaque jour à la défense acharnée de nos valeurs républicaines.

Vive Viry-Chatillon,
Vive la République,
Vive la France !

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