Cérémonie commémorative des victimes de la guerre d'Algérie et des combats au Maroc et en Tunisie

Discours prononcé le 19 mars 2017

Monsieur le Conseiller départemental
Mesdames, messieurs les élus du Conseil Municipal,
Messieurs les anciens combattants,
Mesdames, messieurs les représentants des associations patriotiques,
Mesdames, messieurs,
Chers amis,

Primo Levi disait « Qui n’a pas de mémoire, n’a pas d’avenir ». C’est bien parce que notre avenir se construit à travers une lucidité de chaque instant sur les événements de notre passé, qu’il est de notre devoir d’entretenir notre mémoire.

Le dimanche 18 mars 1962, étaient signés les accords d’Évian entre le gouvernement français et le FLN mettant fin à dix années de conflit en Algérie.
Le lendemain, lundi 19 mars 1962 à 12 heures, le cessez-le-feu était proclamé. Approuvés par 90% des français lors du référendum du 8 avril 1962, ces accords n’ont pas véritablement marqué la fin des souffrances, que ce soit pour les harkis qui ont payé leur fidélité d’un lourd tribut ou encore pour nos compatriotes français d’Algérie qui se sont résolus à délaisser leur terre natale.
Néanmoins, ce 19 mars marque la volonté des deux parties de mettre un terme à cette guerre.
Plus qu’une célébration de la paix, ce jour résonne surtout comme un hommage à ces victimes du passé.
Cette journée traduit une volonté de souvenir, de sincérité et de réconciliation. Elle illustre ce devoir de mémoire, essentiel à la construction de toute conscience commune.
Surtout, elle exprime notre infini respect et notre profonde reconnaissance aux anciens combattants. Les plaies sont encore ouvertes mais elles ne saignent plus, il s’agit maintenant de les cicatriser et d’avancer.

Plus que la repentance, il est désormais temps de se tourner vers l’avenir. Cet avenir, il s’agit de le construire des deux côtés de la Méditerranée, ensemble. Parce que l’union de nos deux pays, si proches sur les plans géographiques, humains et culturels, peut constituer une force dans un contexte de mondialisation on ne peut plus féroce.
Il convient de travailler ensemble, sur un pied d’égalité, dans une multitude de domaines afin que le bassin Méditerranéen puisse devenir un espace coopératif d’envergure.
C’est toute la Méditerranée occidentale qui peut se voir structurée, renforcée, par l’intensification des relations bilatérales entre nos deux pays. Si la guerre est toujours inhumaine, portant toujours les marques de l’injustice, de la barbarie, de l’impensable, il n’appartient qu’aux historiens d’en dresser le bilan.
Notre responsabilité première est de tirer les enseignements de ces conflits qui touchent nos concitoyens.
Le Maire que je suis, au contact des Castelvirois, se doit ainsi de mettre en avant, de conforter, ces liens qui se sont tissés, forgés, au cours de l’Histoire et qui se matérialisent dans la vie de tous les jours.
Ces liens constituent une véritable richesse et il est de notre devoir de l’entretenir. Cela est particulièrement vrai, ici, à Viry-Châtillon.
Attaché à cette diversité qui fait battre le cœur de notre ville, je souhaite plus que tout le rassemblement des Castelvirois et des Castelviroises autour des valeurs de paix et de vivre-ensemble.
Ces valeurs, notre ville les porte en elle. Pour les faire prospérer, il nous appartient d’impliquer la jeunesse dans ce devoir de mémoire afin qu’elle puisse appréhender au mieux le présent et l’avenir, continuant ainsi le travail de réconciliation.

Pour qu’elle puisse être véritablement fondatrice de lendemains toujours meilleurs, l’Histoire se doit d’être rappelée, expliquée et c’est assurément le sens qu’il convient de donner à cette journée.
Vive Viry-Chatillon,
Vive la République,
Vive la France.