Journée nationale commémorative d’hommage aux harkis et aux membres des formations supplétives

Discours prononcé le 25 septembre 2017

Monsieur le Conseiller départemental,
Mesdames, messieurs les élus,
Chers collègues,
Messieurs les anciens combattants,
Messieurs les porte-drapeaux,
Mesdames, Messieurs les membres des associations patriotiques,
Mesdames, messieurs,
Chers amis,

Il y a tout juste 60 ans, se créaient les factions de Harkis : ces soldats indigènes musulmans engagés aux côtés de l’Armée française.

Bien que les commémorations et les hommages nationaux soient des temps de recueillements, ils sont aussi des rendez-vous avec notre histoire, il en existe des glorieux,... des épiques... et d’autres plus sombres.
Cet hommage aux Harkis est un rendez-vous empreint d’honneur, de fierté et de respect pour ces hommes qui se sont battus pour notre patrie et les idéaux qu’elle représente. Fidèles à la France, Fidèles à leurs engagements, ils auront tout sacrifié.

Au lendemain du 19 mars 1962, les 250 000 supplétifs furent désarmés dans la nuit par les soldats français, abandonnés sur le soleil algérien, ils ne furent que 25 000 à rejoindre la France, souvent grâce a des initiatives personnelles de soldats français.
Les autres furent laissés aux mains sanglantes du FLN qui ne respecta pas les accords d’Evian.

Tristement méconnue, l’histoire des Harkis n’honore pas la France, eux qui ont fait le choix du drapeau tricolore, sacrifiant leur vie, leur famille, leur terre n’ont pas été accueillis avec dignité et respect par la France, parqués pendant des décennies dans des camps insalubres.
Laissés pour compte, parfois assimilés et confondus avec les pieds-noirs, et migrants d’Afrique du Nord ; non reconnus en France comme soldats de la patrie, insultés et interdits de territoire algérien : beaucoup d’entre eux estiment être mort en 1962.

Bien que nos dirigeants aient eu la volonté politique de reconnaître le drame des Harkis, et, de leur accorder ce à quoi ils avaient légitimement droit, il n’est pas certain que cette régularisation tardive soit parvenue à soulager leur douleur.

La guerre d’Algérie reste à jamais une période empreinte aux non dits et aux actes manqués. Des deux côtés de la Méditerrané, des rancunes tenaces existent encore, c’est pourquoi ce que nous voulions dire aux Harkis, à leurs enfants et petits-enfants, c’est qu’ils ont fait le bon choix : celui de la France, celui du pays des Lumières, celui du pays des droits de l’homme.

Reconnaissons, enfin, après tant d’années vos sacrifices et votre engagement pour notre pays, votre pays !
Les nouvelles générations s’organisent et nouent des relations avec l’Algérie, afin de créer un partenariat privilégié comme la France a avec l’Allemagne et le Québec. C’est tout un symbole ! Je sais également que ces projets rassemblent des associations d’enfants et de petits-enfants de Harkis.

Je fais le vœu que l’ensemble de ces communautés, ici et là bas, puissent poser une première pierre au mur de la réconciliation, qu’ils puissent circuler librement entre les deux rives de la méditerranée, se rendre dans le village de leurs ancêtres pour pouvoir y inhumés leurs proches ou se recueillir librement sans se voir opposer des refus infamants. Mais aussi que tous ceux qui sont morts là bas, désarmés par la France et assassiner par leurs frères, puissent enfin trouver un repos paisible et éternel.

Il est de notre devoir de donner un écho au sacrifice des Harkis, de faire reconnaître leurs droits comme nous le ferions pour chaque citoyen français et européen, il est de la grandeur de notre pays de tirer des leçons de ses oublis.
C’est toute l’importance que revêt cette commémoration que de rendre hommage à nos frères qui ont choisi la voie de la France.

Vive les Harkis,
Vive Viry-Chatillon,
Vive la France !