le maire

Cérémonie commémorative du 99e anniversaire de l'Armistice 1918

Discours prononcé le 11 novembre 2017

Mesdames, Messieurs les membres des associations patriotiques,
Chers concitoyens, chers amis,

Le 11 novembre 1918, les plaines du Nord de la France retrouvait le calme et la paix des armes.
Guerre débutée le 3 août 1914, elle fût l'une des plus meurtrière de l'Histoire de l'humanité. Elle mobilisera plus de 65 millions de soldats et fit plus de 10 millions de morts.

Si le 11 novembre 1918 fut un jour de liesse pour les français d’alors, il marquait surtout la fin de plus de 4 années de souffrance, le plus souvent dans le froid, la peur le sang et la mort.
Pourtant cette joie nationale fut de très courte durée.
Le retour à la vie civile de millions de combattants rappela tout l'horreur de ce conflit et ces millions de blessées et d'infirmes, les fameuses gueules cassées, devaient essayer de retrouver une vie normale. Dans le même temps, des millions de foyers devaient apprendre à vivre en l'absence d'un ou parfois de plusieurs êtres chers disparus au combat.

Si la victoire était acquise pour la France et ses alliés, elle fut une défaite pour l’Europe qui, exsangues et à genoux, tissait déjà le drame de la Seconde Guerre mondiale.

1917 est une année charnière dans ce conflit. Au-delà des batailles qui sont à jamais inscrites dans notre mémoire collective : du chemin des dames à la bataille d'Arras, en passant par l'offensive sur la crête de Vimy ou encore Craonne, c'est avant tout l'entrée en guerre des Etats-Unis qui va faire basculer non seulement le cours du conflit, mais les rapports de forces économiques du monde entier qui passa de l'Europe au continent Nord-Américain.
Pourtant 1917, est aussi l'année où fatigués d'être envoyés au combat les hommes décident de mettre la crosse en l'air.
Je parlais à l'instant de Craonne, et je ne peux pas oublier les paroles de la fameuse chanson qui dit si bien le désespoir de ceux qui montaient à l'assaut :

« Adieu la vie, adieu l'amour,
Adieu toutes les femmes
C'est bien fini, c'est pour toujours
De cette guerre infâme
C'est à Craonne sur le plateau
Qu'on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés
Nous sommes les sacrifiés »
Tant de batailles pour gagner quelques dizaines de mètres, tant de sacrifices humains pour répondre à l’acharnement d'une stratégie qui visait à mettre l’ennemi à genoux.
C'est sous la pluie, le froid, la boue, le déluge d’obus et de mitrailles que beaucoup d’entre eux se rebellèrent.

1917 fut l’année des mutineries.
Comment pourrions-nous reprocher à ces soldats d’avoir remis en cause des ordres pris parfois en dépit du bon sens ?
Étaient-ils des traîtres à la patrie ?
Etaient-ils moins patriotes ?
Méritaient-ils la mort ?
Non, ces soldats, " fusillés pour l'exemple ", au nom d'une discipline dont la rigueur n'avait d'égale que la dureté des combats, ont heureusement réintégré pleinement notre mémoire collective nationale.

Ayons une pensée pour ces mutins de 1917, qui ont faillis par désespoir, par sentiment d’injustice, par sentiment d’être des victimes non pas de la guerre mais de l’État-major qui semblait si loin de la réalité quotidienne des poilus.
1917, fut, je vous le disais une année charnière.
Un état entrait en guerre, un autre en sortait, l'Empire russe s'effondrait pour laisser place au bolchevisme et à son lot de misère pour le peuple russe.
Mais le temps fait son office, poilus, leurs proches et les témoins de l’époque, ont disparu. Reste alors le travail de l'historien et du devoir de mémoire.
Il est de notre responsabilité de rappeler combien la paix à un prix et qu'il nous appartient de la préserver coûte que coûte tant la valeur de la vie est inestimable.
Le sacrifice des poilus doit résonner auprès des plus jeunes.
Je voudrais en ce jour si symbolique m'adresser aux enfants du CME, élus cette semaine et présents ce jour pour honorer leurs aînés morts pour notre pays.
Il ne suffit pas de venir ici tous les ans et d’honorer leurs noms devant les monuments aux morts de 36000 communes de France.
Il faut aller plus loin, associer le souvenir des victimes et la connaissance des causes, des circonstances et des conséquences de cette guerre... C'est cela le devoir de mémoire, celui que nous voulons porter !

Mesdames, Messieurs, chers amis, je le dis souvent :
De la compréhension de notre passé commun se fonde le champs de nos interventions actuelles et à venir.

Comment en ce jour si symbolique ne pas avoir une pensée pour nos soldats envoyés sur les théâtres d’opérations extérieures, pour nos militaires de l’opération Sentinelle, pour nos policiers et gendarmes, mais aussi pompiers dont l'engagement au profit de la population est plein et entier.

Honorons la mémoire de nos contemporains qui auront tout donné pour le drapeau tricolore, jusqu'à rejoindre le panthéon de leurs vénérables aînés, pour porter haut les valeurs de notre pays : la liberté, l'égalité et la fraternité.
Cette même devise qu'il y a un siècle mena des millions d'hommes au combat.

Vive la paix !
Vive Viry-Chatillon !
Vie l’Europe !
Vive la République !
Vive la France !

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