Journée nationale de la Résistance
74e anniversaire de la création du Comité National de la Résistance

Discours prononcé le 27 mai 2017

Monsieur le Conseiller départemental
, Mesdames, messieurs les élus, chers collègues,
Mesdames, Messieurs les anciens combattants,
Mesdames, Messieurs les porte-drapeaux,
Mesdames, Messieurs les membres des associations patriotiques,
Mesdames, Messieurs,
Chers amis,

Le 27 mai 1943, un vent d'espoir souffle sur la France, Jean Moulin délégué par le Général De Gaulle, rassemble et unifie les mouvements de résistance avec un seul objectif : lutter contre l'envahisseur et préparer la libération de la France sans esprit partisan qu'il soit politique, religieux ou idéologique.

Il réunissait en son sein des femmes et des hommes qui avaient fait le choix de dire NON ! Non à l’oppression et à la répression arbitraire.
Leur détermination résidait à l'idée insupportable que la France éternelle plie devant le joug de l'Allemagne nazie, et en leur opposition au gouvernement de Vichy et à sa politique de collaboration.

Car oui, alors qu'une frange de la population française avait choisi la voix de la honte et de l'opprobre, ils étaient nombreux ceux qui avaient refusés de céder à l’occupant.
N’oublions jamais ces héros du quotidien, qui, connus ou inconnus, avaient choisi la lutte jusqu'au sacrifice suprême pour certains.

À Viry-Chatillon de nombreux Résistants ont payé de leurs vies cet engagement. Morts en déportation ou fusillés, je pense notamment à Octave Longuet et son fils, André, exécutés quelques mois avant la libération.
Les archives municipales conservent les témoignages de leurs actions : on y parle de sabotages, de lignes électriques coupées, de déraillements de trains, d’aiguillages bloqués… de ces cheminots castelvirois qui travaillaient à la gare de Juvisy-sur-Orge et qui permirent de retarder les mouvements des troupes ennemis, entre autres.

On se souviendra de ce tract invitant la population dans la nuit du 12 au 13 juillet 1943 à manifester et pavoiser pour célébrer la fête nationale. Sur ce document on pouvait lire une prière, en voici un extrait :
« Noël n’aura pas lieu cette année. La Sainte Vierge et le petit Jésus sont évacués, Saint-Joseph est en camp de concentration, l’étable est réquisitionnée, l’âne est à Rome, la vache à Berlin, les anges ont été descendus par la DCA, les étoiles sont détenues par Pétain. »

S'il est difficile aujourd'hui d’établir un compte des résistants castelvirois, nous savons qu'il y en a eu, mais il n'est pas possible d'en dresser une liste, l'anonymat était de mise, et ces derniers multipliaient les contacts et formaient des groupes mouvants.

Rendons hommage à tous ces anonymes qui ont accompli des actes de bravoures désintéressés et qui ont, au lendemain de la guerre permis l’émergence d’une solidarité nationale dont nous bénéficions encore aujourd'hui des fruits.

Remercions-les encore  : leurs sacrifice n’a pas été vain, notre liberté est le prix de leur sang, celui-là même qui a permis à notre pays de retrouver sa place dans le concert des nations.

Remercions encore ces femmes et ces hommes sans qui rien n’auraient été possible ! Eux pour qui l’amour de la France et de la République comptait plus que tout, plus que leurs vies. Sans eux, que serait aujourd'hui notre pays ? Que serait advenu de ce qui nous fonde et se résume dans notre devise : Liberté, Égalité, Fraternité ?
Ces sacrifices ont aujourd'hui d'autant plus d'écho et comme le disait Lucie Aubrac, décédée tout récemment : « Le mot résister doit toujours se conjuguer au présent » cette citation est d’une actualité criante.

Dans notre société où l'individualisme semble être la règle que signifie le mot Résister ? Résister pour quoi, pour qui ?
Résister n'est-ce pas, peut-être, refuser le repli sur soi ?
Résister n'est-ce pas de choisir l'action plutôt que l'immobilisme ?
Résister n'est-ce pas regarder l'avenir plutôt que le passé ?
Résister, n'est-ce pas de refuser de détourner le regard sur ce qui se passe ailleurs dans le monde, que ce soit la mise en esclavage de certaines populations, la persécution de communautés, comme celle des homosexuels en Tchétchénie.
Résister n'est-ce pas tout simplement ne pas accepter les petits incivilités du quotidien.
Résister, n'est-ce pas aussi prêter attention aux plus faibles d'entre nous et de ne pas accepter leurs situation comme inéluctables ?
Résister c'est aussi ne pas oublier celles et ceux qui, à travers le monde, luttent contre les régimes autoritaires quelque soit leur nature et qui imposent la terreur et le chaos.
Résister c'est ne pas confier aux autres la responsabilité de notre destin commun, mais bien d'être un acteur de notre démocratie, oui résister c'est aussi voter.
Résister c'est être des citoyens qui ont fait leur notre devise, et qui refusent le racisme, l’antisémitisme ou encore l’homophobie. Résister c'est refuser d'être indifférents aux autres.

Je le dis souvent, nous sommes les enfants et les petits-enfants de la Résistance, nous portons en nous le testament de leurs sacrifices qui nous invitent à ne pas rester spectateurs de notre destin.
Impliquons-nous, agissons, donnons de notre temps, celui-ci n'est jamais sacrifié quand il est utile aux autres, que ce soit dans le milieu associatif, politique, syndical, sportif ...
Car oui, plus que jamais notre premier acte de résistance est de ne pas laisser les autres faire à notre place et d'être des citoyens acteur de notre destinée avant qu'il ne soit trop tard…

Vive la paix
Vive la République !
Vive la France !
Vive Viry-Chatillon !